Les objets de collection numériques, c’est quoi?

Les objets de collection numériques arrivent (vont arriver) sur Instagram: c’est une nouveauté présente dans l’help center, à l’heure de l’écriture de cet article (Octobre 2022). Alors, qu’est-ce que c’est? Pourquoi faire? Et peut-on faire des sous avec? Les objets de collection numériques, est-ce l’avenir?

Qu’est-ce qu’un objet de collection numérique?

Les définitions peuvent varier, mais techniquement, un objet numérique c’est… n’importe quoi qui soit « stocké » numériquement (enchaînement de 0 et de 1), et qui soit visualisable/utilisable avec un logiciel. Plus précisément, c’est souvent un élément visuel (y compris vidéo) mais cela pourrait aussi être par exemple une musique.

De tels objets se dupliquent et se partagent facilement, même s’il faut toujours avoir le logiciel qui permette de les lire. C’est vrai également pour les éléments aussi simples que des images : sans les logiciels pour les lire, ce ne sont que des séries d’informations illisibles (ou plutôt intraductibles) pour l’être humain.

Un objet de collection numérique est lié / protégé par un identifiant qui empêche la duplication. Cet identifiant utilise la technologie blockchain. C’est celle utilisée par les cryptomonnaies.

Ainsi, un artiste peut créer un nombre restreint de copies d’une œuvre numérique, protéger chaque « pièce » (chaque copie) par un identifiant différent, et les vendre. Les œuvres sont alors composées des éléments informatique stockant les informations permettant de « voir » l’objet (= des fichiers), et de cet identifiant. L’identifiant est lié à un propriétaire, qui peut transférer l’objet avec son identifiant : il transfert la propriété.

L’identification d’un objet numérique par un Jeton Non Fongible (NFT)

Les objets de collection numériques tels que gérés par Instagram, sont des NFT. Non Fongible signifie qu’ils ne sont pas interchangeables : ils sont réellement uniques (comme des objets physiques). En fait, ce sont leur identifiant qui sont uniques. Les objets eux-mêmes restent un tat d’informations numériques (=de fichiers informatiques). On parle de jeton cryptographique.

Cette unicité est garantie par un algorithme (un protocole) de type « blockchain« .

La valeur d’un jeton est donc déterminée par le valeur de la « monnaie » utilisée (suivant la technologie « blockchain » choisie) et le jeu de l’offre et la demande autours de l’objet virtuel (numérique).

La technologie blockchain : comment ça marche?

La cryptographie est une technique (une méthode) de protection de données. Un message est crypté de manière à être illisible par une personne n’ayant pas les clés de décryptage.

En informatique, l’une des utilisations les plus connues est https. Le S signale une protection par SSL. SSL est un protocole (=une manière d’échanger de l’information) basé sur un échange de « clés ».

  • Une clé est publique (connue de toute le monde: celle du site web). Cette clé est liée à un certificat qui authentifie la connexion (comme une vérification d’un appel).
  • Une autre est privée (connue uniquement de celui qui lit le message).
  • Ainsi, les informations qui transitent sur internet sont cryptées. Si elles sont « interceptées » sur le réseau (comme le serait une lettre), elles sont illisibles.
  • Seul le destinataire peut les lire, car il a une clé privée et unique, et qui est liée à la clé publique. Techniquement, ce sont des mathématiques… les deux clés mises ensembles et données à un algorithme (= des formules mathématiques) permettent de traduire le message.

Une base de données distribuée (répartie) sur les ordinateurs de tout ceux qui l’utilisent!

Un blockchain, c’est une gigantesque base de données distribuée (non centralisée). Les données stockées sont toutes les transactions (achat / revente / échange) d’éléments virtuels (assets). Tout l’historique de toutes les transactions est stocké, à travers / sur les ordinateurs de tous les participants. Le tout est crypté (protégé). Aucune donnée n’est dupliquée, et aucune donnée ne peut être modifiée ou effacée. Rien n’est centralisé : il n’existe pas de « serveur » stockant l’intégralité.

  1. A chaque transaction, un « bloc » de données est enregistré : ce sont des informations qui concerne « l’objet » échangé et la transaction.
  2. Alors que l’objet change de propriétaire (de place), l’historique des transactions s’accumule. Formant une chaîne de blocs (block chain). Il n’est pas possible d’altérer une chaîne: l’historique ne peut pas être modifié. La traçabilité est ainsi parfaite.
  3. Tous les participants peuvent voir tous les blocs (alors même qu’ils sont enregistrés éparpillés sur les ordinateurs de tous les participants). Cela assure une totale transparence.
  4. Une nouvelle transaction n’est ajoutée que lorsqu’elle a été « résolue » par une opération de mining (en général, résolution d’un problème mathématique).

Et le « mining » des blockchain?

C’est l’opération qui consiste en la vérification de la validité d’une blockchain. Cela revient à des algorithmes qui tournent pour vérifier que tous les blocs de toutes les chaînes sont bien des vrais (vérification que les transactions sont valides), qu’il n’y a pas eu tricherie et qu’ils sont bien enchaînés dans le bon ordre. Lancer sur son ordinateur une opération de « minage » revient à lancer une opération de vérification / validation / consolidation de la blockchain. C’est ce qui lui permet de fonctionner sans fraudes. Les transactions ne sont ajoutés à la blockchain qu’après validation (qui se fait par l’algorithme de mining).

Cela consomme beaucoup de ressources (temps de CPU/ordinateur). La « résolution » de blocs est récompensée (=obtention de nouvelles cryptomonnaies) pour le 1er à avoir résolu le problème mathématique. Ce problème mathématique est basé sur une utilisation de temps et de puissance de calcul. Il n’y a pas de possibilité d’aller plus vite ou de prendre des raccourcis. Le 1er à avoir résolu le « bloc » (la transaction), est juste celui qui a mis le plus de puissance / de temps à disposition…

Je ne suis pas spécialiste du sujet, loin de là. J’espère qu’aucune grossière erreur ne s’est glissée dans la section blockchain/minage.

Les objets de collection numériques sur Instagram

Instagram met en place un système de connexion à un portefeuille numérique. Ainsi, des objets (NFT) pourront être mis en valeur. L’objectif est de favoriser le commerce de NFT, de « démocratiser » l’usage des NFT en les rendant visible sur un réseau social très utilisé. Ainsi, le « monde » des cryptomonnaies, des blockchains et autres artefacts de ce genre, devient visible et accessible au plus grand nombre.

Il est essentiel que nos premiers efforts dans ce domaine permettent à différentes voix de s’exprimer, et que des groupes sous-représentés aient accès aux ressources numériques émergentes telles que les NFT. En soutenant les NFT, nous espérons les rendre plus accessibles, limiter les obstacles et contribuer à rendre l’environnement des NFT plus inclusif. Nous mettons tout en œuvre pour qu’Instagram reste un espace sécurisé et agréable pour tout le monde. Ainsi, nos outils pourront être utilisés pour sécuriser leurs comptes et signaler les objets de collection numériques allant à l’encontre de nos règles de la communauté. Nous comprenons que la technologie blockchain et les NFT soulèvent d’importantes questions écologiques. Meta aidera à réduire l’impact des émissions qui pourraient être associées à l’affichage d’objets de collection numériques sur Instagram en achetant des énergies renouvelables.

Ce que Meta en dit (https://about.instagram.com/fr-fr/blog/announcements/instagram-digital-collectibles)

Peut-on faire des sous avec?

Oui. Et on peut aussi en perdre. C’est de la spéculation sur du virtuel. Néanmoins, un artiste qui créé une œuvre virtuelle a réellement créé quelque chose. Cela peut donc être un moyen de commercialiser. Il faut peut être attendre de voir si cela va « prendre » sur Instagram.

Est-ce l’avenir?

C’est impossible à prévoir. Mais quand à chaque crise les gens se tournent vers l’or, cette valeur sûre et stable… le virtuel est-il l’avenir ou une bulle? On ne peut le savoir. On peut le souhaiter ou le craindre. Ce qui est certain, c’est que le virtuel est éphémère, que les modes passent et s’écroulent souvent aussi vite qu’elles ont atteint des sommets.

Pour un artiste, cela peut néanmoins être un canal à explorer.